Rencontre avec Pierre Yves fondateur de “Dérive”

Dans notre série interview, nous faisons connaissance avec Pierre Yves, fondateur de « Dérive », les « luminaires iodés ». On a eu envie d’en savoir plus sur lui, son projet, ses convictions, son amour pour l’océan et Biarritz. Partons ensemble à la découverte de ce jeune homme qui est également père de famille, plein de ressources et riche d’une passion environnementale contagieuse !!

Bonjour Pierre Yves, parle nous de Dérive, les luminaires iodés… Quand, comment, pourquoi ce projet a pris naissance ? D’où t’es venu le nom Dérive ?

Le concept de Dérive a vu le jour il y a environ deux ans et demi. Nous avons eu la chance d’emménager ici, à Biarritz, avec ma compagne et nos deux petits garçons (qui n’était qu’un à l’époque) il y a un peu plus de trois ans et demi. Assez rapidement, à défaut d’être surfeur assidu et surtout d’avoir le temps de surfer – je gardais beaucoup notre ainé – j’ai commencé à nettoyer la Côte des Basques à mes heures perdues. Je me suis concentré sur la digue, où j’ai trouvé tout ce qu’on peut imaginer : beaucoup de déchets, flotteurs, bois flottés… Ça m’a pas mal inspiré. J’ai donc emmagasiné toutes ces matières, durant des mois. J’avais envie de trouver un concept à moi, lié à tout ça, à cette problématique environnementale mais j’étais surtout porté par l’envie de trouver quelque chose de différent, qui parle à tous. Un objet simple et épuré, qui me corresponde et soit chargé d’histoire. Un beau jour d’été 2020, j’ai trouvé l’idée que je cherchais : intégrer un système lumineux à l’intérieur du flotteur afin de pouvoir le décliner en baladeuse, ou en suspension.

Pourquoi Dérive ? Dérive a un triple sens pour moi… En plus de tout le sens que les gens peuvent y greffer. Cet objet, le flotteur, a dérivé jusqu’à la Côte -> je le dérive de sa fonction de flotteur en lampe…

À côté de ça j’y trouve le côté « dérive environnementale » : on le sait tout, on ne cesse de le répéter, notre planète fait face à un véritable raz-de-marée. Je suis conscient que lorsqu’on en vient à ramasser le déchet c’est trop tard, le problème doit être pris en amont mais rester insensible à tout ça n’était pas possible pour moi. Je ne suis pas donneur de leçon mais je pense qu’on peut tous à notre échelle faire quelque chose. Et c’est ce que je souhaite véhiculer à travers Dérive.

Il y a également l’objet qui dérive, tout comme nous tous parfois, lorsque nous dérivons de notre chemin pour mieux nous retrouver. C’est également une façon, à mon échelle, de montrer qu’il n’y a aucune honte parfois à se laisser dériver et même dans les projets : il faut avoir un cap et le tenir, mais lâcher prise, se laisser aller, repenser, se remettre dans une démarche simple, se simplifier la vie (au final, si on a la santé, un toit et de quoi manger le reste est du bonus).

À cette histoire personnelle j’essaie de greffer de l’espoir, une emprunte positive. Je suis souvent ému de l’accueil que reçoivent mes luminaires, les gens y greffent souvent une poésie et une histoire à laquelle je n’avais pas pensé…

Ta démarche est effectivement porteuse d’espoir, écologique et positive. Parle nous un peu de ton engagement, et de ta manière de procéder (ramassage, tri, transformation…).

 Tout ce projet était avant tout un engagement personnel, avant d’être une entreprise ou une démarche commerciale. Je me sens totalement libre et c’est ce qui donne ma force de créativité, tout en gardant cet engagement personnel. Deux à trois fois par semaine, en fonction des marées, je me rends en bord de mer. C’est le plus souvent à la Côte des Basques que je nettoie les rochers, où de nombreuses matières sont bloquées dans la digue : c’est le phénomène d’enrochement. On y trouve des tas de choses. Là où les services municipaux font déjà beaucoup de choses ils n’ont malheureusement pas le temps et la structure pour s’occuper de cette problématique.

Lorsque je descends sur la plage, c’est un peu comme une méditation, ça fait le vide dans la tête. En même temps il y a un côté très physique, j’y vais été comme hiver et certains jours il faut vraiment mesurer les risques face à la mer, et ces rochers… Pour moi il y a également du sens à voir cette carte postale sous un autre angle : les déchets sont enfouis donc si on ne veut pas les voir, on ne les voit pas. Alors, pour sensibiliser, lorsque je ramasse, je commence d’un côté de la Côte et petit à petit je remonte les déchets et les pose sur les rochers. D’un point de vue extérieur on aperçoit alors des petits tas de déchets que je regroupe et recentre au fur et à mesure avant de les déposer dans les bennes.

C’est parmi tous ces déchets que je trouve les flotteurs de pêche qui ont dérivé. Leur origine dépend d’un tas de facteurs : les conditions météo, les zones de pêche, les courants… Il y a un côté aventure qui me plait : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. C’est ce qui me passionne d’ailleurs et que je transmets lorsque je vends mes luminaires : sur chaque exemplaire vous trouverez une petite carte retraçant l’origine du flotteur, et l’endroit où il a été trouvé. Je veux être dans une véritable démarche de transparence.

Si je comprends bien, tu vis au gré des marées… L’océan est comme ton horloge interne… J’imagine qu’il s’agit là de ta plus grande source d’inspiration ?

C’est exactement ça… Je pense que la première chose que je fais dans la journée c’est de regarder l’horaire des marées. Je conjugue ça avec ma famille et mon activité parallèle, avant de trouver le moment propice pour partir à la rencontre de ma matière première. Les marées rythment mon quotidien, mes semaines… L’océan est mon poumon. Il m’est impossible de rester impassible face à cette beauté infinie, peu importe l’endroit, la plage. L’océan est cet élément infiniment grand, infiniment beau, à côté duquel je me sens infiniment petit. Chaque jour est différent, sa constance est le changement. Pas un jour ne passe sans que je le retrouve : seul ou avec mes enfants. C’est pour moi un aimant, qui nous a aimanté ici. Alors on a beau être de piètres surfeurs ou nageurs, mais cette vaste étendue reste une chose incroyable pour nous. Ce n’est pas surprenant que les gens du monde entier viennent ici… Il y a quelque chose d’unique qu’il faut préserver au maximum.

Quel est le modèle « phare » de Dérive ? L’essence de ton concept ? 

Le concept de Dérive, à la base, qui m’est propre, est ce système d’éclairage intégré au flotteur. J’ai voulu un objet épuré qui parle de lui-même. Je ne modifie, ponce aucun flotteur, je les retravaille juste. Je veux qu’ils restent d’origine, et je trouve que ça fait écho à nous, à nos histoires : on a beau se mettre des masques, le naturel revient toujours. C’est pourquoi je les laisse tels quels : il n’y en a pas deux pareils, ce qui est sympa. Les tailles et les diamètres sont standards mais les couleurs, teintes et accrocs racontent l’histoire de chaque flotteur. Certains ont passé des trentaines d’années en mer, d’autres juste quelques semaines, et ça se ressent au niveau de la matière. On voit qu’avec le temps les techniques de moulage ont évolué, aussi vais-je attacher une importance particulière à leur origine : quand et comment ont-ils été produits ?

À ces flotteurs je trouve une beauté particulière : certains ont un aspect marbré, d’autres rappellent la porcelaine ou encore de la matière naturelle qui a été travaillée. Les teintes ne s’inventent pas, sont uniques. Je les trouve douces, souvent pastel, elles se fondent dans chaque intérieur en fonction des goûts de la personne. Je leur trouve une poésie et une histoire particulière.

Je me diversifie également, je ramasse des flotteurs de dimensions différentes ce qui me permet de fabriquer des abats jours, des suspensions… Ça fait quelque chose d’unique, avec une patine, une couleur particulière.

Fais-tu du sur-mesure ?

Oui, je fais du sur-mesure, en fonction de la demande du client : restaurants, hôtels, particuliers par exemple. J’aime adapter ma création et l’installation de celle-ci à un intérieur particulier. Après une première mise en contact je me rends chez la personne et on voit ensemble ce qui serait le plus approprié.

Un intérieur est fait de détails, dont font partie les luminaires. Je les surnomme « Luminaires Iodés » car lorsqu’on a la chance de vivre près de l’océan cela donne une touche de rappel, ce qui est totalement cohérent, et à l’inverse il y a beaucoup de personnes qui viennent sur Biarritz et repartent avec un petit morceau d’océan à défaut de l’avoir à leurs côtés.

Où peut-on trouver tes modèles ? Un petit mot sur l’éthique que tu véhicules ?

En termes de commercialisation, vous trouverez certains de mes modèles – uniques – dans la boutique biarrote Open Me. Je vends également en direct sur ma boutique en ligne et mes réseaux sociaux. Mon plus grand souhait est que ça vendu localement, je veux donner une sorte d’exclusivité à mon produit : si vous voulez Dérive, venez à Biarritz ou contactez moi (sur mon site ou Instagram). Loin de moi l’idée d’en faire quelque chose d’intouchable, je veux juste rester cohérant face à mes valeurs.

En ce qui concerne mon éthique, mes valeurs, justement ? Il faut savoir que je veux que ma démarche reste cohérente de bout en bout, je ne veux pas en faire de la production de masse mais souhaite au contraire que ça reste artisanal. J’aimerais avoir un impact environnemental, et à terme social… Pour que Dérive ait un sens jusqu’au bout il faut, à mes yeux, qu’à terme cela puisse aider des personnes qui sont proprement dit « à la dérive » elles-mêmes, des personnes qui ont besoin d’un flotteur, d’une bouée pour sortir la tête de l’eau et repartir de plus belle.

Je suis en pleine réflexion concernant ce point et suis en train de me rapprocher d’associations, de structures au niveau du département, pour voir ce qu’il y a à faire.

Le message que je veux faire passer à travers Dérive est un message d’espoir, de façon générale : on ne peut pas baisser les bras face à ce qui arrive sur le plan environnemental. J’invite les gens à réfléchir, sans avoir un discours radical. Chacun fait comme il peut à son échelle. À partir du moment où on a le choix d’agir, cela fait de nous un potentiel acteur pour un monde meilleur. Il faut avant tout essayer de respecter l’endroit où on vit, l’endroit que l’on a la chance de visiter le temps de ses vacances. Plus il y aura de personnes sensibilisées, plus ces gestes paraitront simples.

Alors, séduits par cette marque aux valeurs humaines et environnementales ? Ne tardez plus à retrouver les luminaires iodés « Dérive » sur le compte Instagram qui y est dédié. Et si vous feuilletiez notre catalogue de biens en vente en parallèle ? Histoire de trouver l’intérieur dont vous avez toujours rêvé et de faire un véritable mix&match avec un des luminaires !!

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